Instagram : un maximum de 3 hashtags par post en test

Sébastien Brousse
Lecture en 8 min
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L'essentiel

Meta teste une limitation à 3 hashtags par publication sur Instagram, observée depuis fin novembre et appliquée de façon inégale entre mobile et desktop, signe d’une expérimentation plutôt que d’un déploiement global. Après 14 ans de domination des hashtags (jusqu’à 30 autorisés), la plateforme privilégie désormais la qualité du contenu, l’IA et les signaux comportementaux pour la découverte, conforme aux déclarations d’Adam Mosseri affirmant que les hashtags n’augmentent pas la portée. Ce changement, perçu comme une rupture culturelle entre générations, force les créateurs à adapter leurs stratégies : moins de marquage, davantage d’engagement, de légendes pertinentes et de contenus optimisés pour les algorithmes.

C’est une petite révolution qui s’annonce sur Instagram. Meta procède actuellement à l’expérimentation d’une restriction significative : un maximum de trois hashtags par publication. Cette restriction, constatée chez de nombreux utilisateurs depuis la fin du mois de novembre, pourrait signaler la conclusion d’une époque pour les créateurs. Après plus d’une décennie d’utilisation intensive des hashtags, le réseau social est-il sur le point de franchir un nouveau cap ?

Un test surprise qui sème la confusion

Un certain nombre d’utilisateurs ont fait état sur Reddit ainsi que sur d’autres plateformes d’une nouvelle restriction : il est désormais impossible d’ajouter plus de trois hashtags à une publication. Un message d’erreur apparaît directement dans l’application. Le plus troublant ? Cette restriction n’affecte pas tous les comptes de manière homogène, ce qui laisse à penser qu’il s’agit d’une expérimentation en cours plutôt que d’un déploiement généralisé.

Meta met en œuvre sa méthode habituelle en procédant à des tests sur un échantillon limité avant d’envisager une éventuelle généralisation. Certains utilisateurs rapportent pouvoir contourner la limite en passant par la version desktop, tandis que d’autres restent bloqués sur mobile. Cette incohérence suscite des interrogations. De surcroît, cette modification pourrait s’accompagner de la nouvelle interface d’Instagram, qui est actuellement en phase de déploiement. Pour un réseau qui a été historiquement établi autour de la découverte thématique, cela constitue une rupture significative.

La fin d’une ère : les hashtags fêtent leurs 14 ans

Introduits en 2011, les hashtags ont longtemps été la colonne vertébrale de la recherche sur Instagram. Pendant l’ère du flux chronologique, ils représentaient le principal levier pour toucher un public au-delà de ses abonnés. Jusqu’à présent, Instagram permettait officiellement l’utilisation de 30 hashtags par publication. Un chiffre parfois utilisé jusqu’à la dernière ligne par les auteurs de cette époque.

Cependant, le paysage a subi des transformations significatives. L’algorithme Explore privilégie désormais le contenu lui-même, les légendes et un mélange de signaux comportementaux, tandis qu’Adam Mosseri a précisé que les hashtags jouent un rôle minimal dans l’expansion de la portée. Leur fonction est devenue essentiellement catégorielle, et non plus virale. D’après les déclarations de Meta, cette restriction à trois hashtags constituerait par conséquent une évolution cohérente. En ce qui concerne les utilisateurs, l’accueil se révèle nettement plus nuancé.

Millennials contre Gen Z : le choc des cultures

Soyons francs : entre 2014 et 2017, la sélection de ses hashtags constituait un véritable art, presque un rituel. #Throwback, #NoFilter, #Foodporn, #Blessed, #SunsetLovers… C’était un langage. Une identité. Parfois même une obsession. Cette pratique définissait la culture Instagram de l’époque.

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Aujourd’hui, la donne a changé. Les utilisateurs plus jeunes s’appuient généralement moins sur les hashtags, tandis que les habitudes de publication plus anciennes restent répandues parmi les premiers adoptants et les petits créateurs. Les hashtags longs ou multiples apparaissent désormais presque comme des éléments « antiques ». La génération Z les perçoit comme des fossiles numériques, témoins d’une époque où tout aspirait à une certaine standardisation. Limiter les hashtags à trois revient presque à dire officiellement : « Instagram entre en 2026, laissez les habitudes de 2015 à l’entrée. » Un léger bouleversement culturel.

Pourquoi changer ce qui ne sert plus à rien ?

C’est la question essentielle que beaucoup se posent. Si les hashtags ne boostent plus la visibilité, pourquoi les restreindre ? Pourquoi restreindre l’utilisation de ceux qui en apprécient l’usage ? Pourquoi intervenir sur un élément identitaire du réseau alors qu’il a déjà été relégué au second plan ?

Certains considèrent cela comme une simplification. D’autres, une approche visant à orienter les utilisateurs vers un contenu moins structuré. Ce test suggère qu’Instagram s’oriente vers une découverte de contenu automatisée et régulée par des algorithmes, s’éloignant ainsi du marquage effectué par les utilisateurs. D’autres perçoivent également cela comme une tentative de repositionnement esthétique d’Instagram, qui se voit de plus en plus influencé par le modèle de TikTok. Quoi qu’il en soit, ce test représente un moment déterminant : Instagram se distancie symboliquement d’une partie de son identité fondamentale.

Adam Mosseri l’avait annoncé : les hashtags ne servent plus

Adam Mosseri a affirmé lors d’une séance de questions-réponses : “À l’inverse de l’opinion généralement répandue, les hashtags ne constituent pas un moyen d’accroître la portée.” Le responsable d’Instagram a réaffirmé cette déclaration à plusieurs reprises au cours des dernières années. Les hashtags facilitent la compréhension du sujet abordé dans une publication, ce qui peut accroître les probabilités d’apparaître sur une page dédiée aux hashtags. Toutefois, il convient de noter qu’ils ne constituent pas un outil de distribution.

Selon la société allemande Classix, l’IA, ainsi que l’IA générative, joue un rôle déterminant dans l’explication du fait que des plateformes telles qu’Instagram ont relégué les hashtags au second plan. La découverte sur Instagram s’appuie désormais sur la qualité du contenu, la durée de visionnage, les partages et les sauvegardes, ainsi que sur le référencement social, notamment à travers des légendes agrémentées de mots-clés. L’algorithme est désormais en mesure de saisir le contexte sans nécessiter l’utilisation de balises manuelles.

Quel avenir pour les créateurs de contenu ?

Pour les créateurs et utilisateurs de longue date qui ont construit des stratégies de publication autour de grandes grappes de hashtags, le changement peut sembler déstabilisant. Les jeunes créateurs expriment une préoccupation particulière quant à la perte d’un outil qu’ils considéraient encore comme efficace pour accroître leur visibilité.

Cependant, la transition est déjà en cours depuis plusieurs années. Les spécialistes préconisent désormais de favoriser la qualité du contenu, l’engagement sincère ainsi que les partages au sein des messages directs. Que la limite de 3 hashtags devienne permanente ou non, la plateforme privilégie la pertinence et la qualité du contenu plutôt que de jouer le système avec 30 tags : les artistes doivent choisir des hashtags qui décrivent précisément leur travail. L’avenir est réservé aux créateurs capables de s’adapter à cette nouvelle ère de découvertes algorithmiques. Instagram s’engage dans une nouvelle étape de son développement.

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Spécialiste social media, je partage mon expérience pour aider les marques à engager leurs communautés et je commente les actualités et innovations qui transforment le marketing digital.