La Chine lance une nouvelle campagne de répression des réseaux sociaux

Sébastien Brousse
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L'essentiel

Le régulateur chinois de l'internet a lancé une campagne de deux mois pour combattre les contenus jugés « d'inciter avec malveillance au conflit » sur les réseaux sociaux. Cette initiative, dirigée par l'Administration chinoise du cyberespace (CAC), vise à promouvoir un environnement en ligne « plus civilisé et plus rationnel », en ciblant les « rumeurs » économiques et les critiques de la gestion gouvernementale. Parmi les préoccupations figure la culture du « rester allongé », qui défie l'idéologie du travail intensif. De plus, la CAC a sanctionné des plateformes comme Weibo et Kuaishou pour ne pas avoir modéré les contenus indésirables. Cette campagne s'inscrit dans une stratégie de contrôle strict des informations, renforçant la régulation du cyberespace en Chine.

Le régulateur chinois de l'internet a annoncé, lundi, le lancement d'une campagne de deux mois visant à lutter contre les contenus accusés « d'inciter avec malveillance au conflit » sur les réseaux sociaux. Cette nouvelle offensive cible en particulier les publications diffusant « une vision négative de la vie » et s'inscrit dans la politique de régulation rigoureuse du cyberespace menée par Pékin.

Une opération ciblée visant les contenus qualifiés de « subversifs »

L'Administration chinoise du cyberespace (CAC) a exposé en détail les objectifs de cette nouvelle offensive. Elle cible spécifiquement les contenus reprochés d'« inciter avec malveillance au conflit » ainsi que de promouvoir « une vision négative de la vie ». La durée de la campagne est fixée à deux mois, bien que la date de commencement n'ait pas été spécifiée.

Selon le communiqué officiel, cette initiative cherche à “favoriser un environnement en ligne plus civilisé et plus rationnel”. Par ailleurs, elle vise à encadrer « l'incitation malveillante au conflit ainsi que la promotion des courants haineux ». Cette approche s'intègre dans la stratégie globale de Pékin visant à exercer un contrôle rigoureux sur les contenus numériques.

Les « rumeurs » économiques sous surveillance

La Commission d'Audit Comptable énumère avec précision les difficultés qu'elle relève sur les réseaux sociaux. Elle condamne en particulier la propagation de « rumeurs » relatives à « l'économie, aux finances, à la protection sociale et aux politiques publiques ». Ces accusations mettent en lumière les inquiétudes du gouvernement quant aux critiques formulées à l'encontre de sa gestion.

Le régulateur exprime également des préoccupations quant à « l'interprétation malveillante des faits sociaux ». Il critique “l'exagération de situations particulières regrettables et leur exploitation pour promouvoir une vision négative de la vie”. Cette expression cible manifestement les contenus qui contestent l'optimisme officiel.

La pratique du « laisser pourrir » ciblée

Certains jeunes chinois se revendiquent désormais de la culture du “rester allongé” ou du “laisser pourrir”. Ces expressions, fréquemment employées sur Internet, caractérisent des modes de vie alternatifs. Elles condamnent explicitement la culture du travail intensif au profit de la quiétude.

Cette orientation suscite manifestement des préoccupations au sein des autorités chinoises. En effet, elle conteste l'idéologie officielle selon laquelle le progrès résulte de l'effort. La campagne paraît ainsi viser ces formes de contestation tacite qui s'étendent progressivement au sein de la jeunesse.

Weibo et Kuaishou ont été sanctionnées

La CAC a récemment fait état de mesures punitives à l'encontre de plusieurs plateformes majeures. Samedi, elle a annoncé qu'elle engagerait des « mesures disciplinaires et punitives » à l'encontre de Weibo et Kuaishou. Ces plateformes sont reprochées de privilégier des informations à caractère people ainsi que des contenus « indésirables ».

Néanmoins, la nature précise de ces sanctions demeure incertaine. Les autorités n'ont pas spécifié les mesures concrètes qui seraient mises en œuvre. Cette ambiguïté exerce une pression continue sur les gestionnaires des réseaux sociaux.

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Une succession de mesures punitives récentes

À la mi-septembre, le régulateur avait déjà adopté une mesure analogue à l'encontre de Xiaohongshu. Cette plateforme, dont l'apparence évoque celle d'Instagram, avait été critiquée pour des manquements analogues. Ces actions s'inscrivent dans une stratégie plus large de durcissement du contrôle numérique.

Cette communication émanant de l'autorité de régulation intervient à la suite de l'annonce de sanctions prononcées contre trois plateformes numériques en septembre. D'après la Commission d'Accès aux Contenus, ces sociétés auraient manqué à leurs devoirs relatifs à la gestion des contenus. La réitération de ces mesures atteste d'une politique de rigueur renforcée.

Une régulation rigoureuse du cyberespace en Chine

Pékin impose aux entreprises de réseaux sociaux l'obligation d'exercer une modération rigoureuse. Il leur incombe d'exercer un contrôle strict sur les contenus afin de prévenir toute manifestation susceptible d'être considérée comme subversive. Cette politique couvre également les contenus à caractère vulgaire, pornographique ou généralement préjudiciable.

Cette campagne témoigne de la détermination du gouvernement chinois à exercer un contrôle intégral sur les informations diffusées en ligne. Elle s'intègre dans une approche plus globale de régulation du cyberespace. L'objectif déclaré consiste à promouvoir des valeurs en accord avec l'idéologie officielle et à prévenir toute forme de contestation numérique.

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Spécialiste social media, je partage mon expérience pour aider les marques à engager leurs communautés et je commente les actualités et innovations qui transforment le marketing digital.