Une commission d'enquête parlementaire française recommande 43 mesures strictes contre TikTok, incluant une interdiction totale pour les mineurs de moins de 15 ans et un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans. Selon le rapport, 40 % des adolescents français utilisent TikTok quotidiennement, consacrant en moyenne 3 heures et 11 minutes aux réseaux sociaux, ce qui soulève des inquiétudes sur leur santé mentale. Les députés, inspirés par le modèle australien, notent les effets « dévastateurs » de TikTok, notamment la propagation de contenus violents et la création d'un environnement numérique nuisible. Avec le soutien d'Emmanuel Macron, les propositions visent à renforcir la régulation des algorithmes et à protéger les mineurs. TikTok, bien qu'ayant lancé des initiatives de sécurité, est jugé insuffisant par les parlementaires.
Une commission d’enquête parlementaire française recommande 43 mesures rigoureuses à l’encontre de TikTok et des réseaux sociaux, parmi lesquelles figure une interdiction totale pour les mineurs de moins de 15 ans ainsi qu’un couvre-feu numérique. Confrontés aux conséquences « dévastatrices » sur la santé mentale des jeunes, les députés s’inspirent du modèle australien tout en bénéficiant de l’appui d’Emmanuel Macron.
Un constat alarmant sur l’usage de TikTok par les jeunes
D’après les données fournies par Médiamétrie et exposées dans le rapport parlementaire, 40 % des adolescents français se servent de TikTok de manière quotidienne. Les jeunes consacrent en moyenne 3 heures et 11 minutes quotidiennes aux réseaux sociaux et aux services de messagerie, avec des connexions s’étendant parfois jusqu’au milieu de la nuit. Ce phénomène d’utilisation excessive suscite une inquiétude particulière au sein des autorités.
La commission d’enquête, présidée par Arthur Delaporte (PS) et Laure Miller (Renaissance), établit un constat préoccupant concernant la plateforme chinoise. Les députés dénoncent un « océan de déchets » généré par un algorithme expressément conçu pour capter l’attention des utilisateurs, au détriment de leur santé mentale et physique.

Des effets « dévastateurs » sur la santé mentale des mineurs
Le rapport parlementaire publié le 11 septembre dernier dénonce les effets « dévastateurs » de TikTok sur la santé mentale des jeunes générations. La plateforme est critiquée pour la propagation à grande échelle de désinformation, ainsi que de contenus violents ou incitant au suicide, ce qui évoque une plainte antérieure déposée contre TikTok à la suite du suicide d’une adolescente âgée de 15 ans.
Les représentants élus critiquent l’algorithme de recommandation de TikTok, qui est accusé de favoriser les contenus les plus extrêmes afin de préserver l’engagement des utilisateurs. Cette stratégie algorithmique contribuerait à l’apparition de troubles du sommeil, à l’addiction ainsi qu’à des comportements à risque chez les adolescents, engendrant un environnement numérique particulièrement préjudiciable à leur développement.
43 mesures destinées à réguler les réseaux sociaux
Confrontée à ces observations préoccupantes, la commission d’enquête soumet 43 mesures inédites sur le plan européen. La mesure la plus drastique consisterait en une interdiction absolue d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans, assortie d’une mise en œuvre à l’échelle nationale dans l’hypothèse où l’Union européenne ne progresserait pas suffisamment rapidement sur ce dossier.
Parmi les autres propositions phares figure l’instauration d’un couvre-feu numérique entre 22h et 8h pour les 15-18 ans, visant à limiter les usages nocturnes identifiés comme facteurs d’addiction. Le rapport préconise en outre un renforcement de la régulation des algorithmes ainsi que l’instauration de mécanismes plus efficients pour vérifier l’âge des mineurs sur Internet.
L’adoption du modèle australien comme source d’inspiration
Les députés français se fondent notamment sur l’exemple australien, où une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans a déjà été adoptée. Cette référence à l’échelle internationale consolide la crédibilité de leurs propositions et illustre une orientation mondiale vers un renforcement de la régulation des plateformes numériques.
Cette démarche restrictive s’inscrit dans un cadre plus large de réévaluation de l’accès libre des mineurs aux réseaux sociaux, plusieurs États envisageant des mesures analogues afin de préserver leur jeunesse des risques liés au numérique.
Le soutien du président pourrait accélérer les décisions
Emmanuel Macron a d’ores et déjà manifesté son appui à l’éventualité d’une interdiction des réseaux sociaux aux mineurs, ce qui pourrait notablement hâter la mise en place de ces dispositions. Le soutien de la présidence confère une autorité politique accrue aux recommandations émises par la commission d’enquête.
Cette posture adoptée par le gouvernement se distingue nettement des démarches antérieures qui favorisaient l’autorégulation ainsi que la sensibilisation. Elle constitue une étape décisive vers une régulation renforcée du secteur numérique, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs sur Internet.
TikTok s’efforce de restaurer sa réputation
Malgré ces reproches, TikTok a intensifié ses initiatives en vue de promouvoir des dispositifs de protection des mineurs sur sa plateforme. Le géant chinois s’efforce de répondre aux préoccupations soulevées l’année précédente, lorsqu’une affaire avait mis en lumière la manière dont le réseau social incitait délibérément les plus jeunes à recourir à sa plateforme.
Néanmoins, ces initiatives paraissent insuffisantes aux yeux des parlementaires français, lesquels estiment que les dispositifs d’autorégulation instaurés par la plateforme ne garantissent pas une protection efficace des mineurs contre les risques relevés dans leur rapport d’enquête.

