Une étude de OnePoll révèle qu'en France, 76 % des PME souhaitent voir émerger des outils d'intelligence artificielle européens pour rivaliser avec les géants américains et chinois, mais rencontrent des obstacles à la mobilisation des financements disponibles. La souveraineté numérique a été au cœur des discussions à VivaTech en 2025. Malgré une adoption croissante de l'IA, 22 % des dirigeants citent le coût d'investissement comme principale entrave, alors que seulement 27 % des PME ont demandé un soutien public. Le manque d'informations et d'accompagnement méthodologique est également problématique. Christian Reinwald souligne que renforcer le financement de l'IA est crucial pour la compétitivité des PME sur la scène internationale, faisant de l'IA un enjeu stratégique européen.
Une étude menée par OnePoll met en lumière un paradoxe propre à la France : 76 % des PME expriment le souhait que l'Europe élabore ses propres outils d'intelligence artificielle afin de concurrencer les géants américains et chinois, toutefois elles rencontrent des difficultés à mobiliser les nombreux dispositifs de financement disponibles. Cette situation met en évidence une nécessité impérieuse d'appui dans le cadre de leur transition numérique.
Priorité des PME françaises : la souveraineté numérique
Au cours de VivaTech, qui s'est tenu à la mi-juin 2025, la souveraineté numérique a constitué le thème central des discussions relatives à l'intelligence artificielle. L'étude menée par OnePoll pour le compte de reichelt elektronik corrobore cette tendance : 76 % des PME françaises expriment le souhait de voir se développer des outils d'intelligence artificielle européens capables de rivaliser avec les solutions américaines et chinoises.
Cette ambition s'accompagne d'une quête de conformité réglementaire : 37 % des dirigeants privilégient des solutions d'IA « favorisées en raison de leur conformité aux normes européennes relatives à la protection des données ». Cette préférence repose sur une logique de confiance, les PME estimant que le respect des normes européennes consolide la sécurité ainsi que l'acceptabilité des outils mis en œuvre dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues.
Une adoption croissante de l'IA malgré les obstacles financiers
Malgré les obstacles rencontrés, l'intégration de l'intelligence artificielle connaît une progression rapide au sein des PME françaises. L'étude met en évidence que 72 % d'entre elles recourent déjà à l'intelligence artificielle ou envisagent de l'adopter dans un avenir proche, ce qui atteste d'une reconnaissance de son potentiel stratégique.
Néanmoins, le coût d'investissement constitue la principale entrave relevée par 22 % des dirigeants sondés. Cette restriction budgétaire entrave la dynamique technologique des entreprises, notamment dans un contexte où la transformation numérique s'avère essentielle pour préserver leur compétitivité face à la concurrence internationale.
Des mécanismes de financement insuffisamment exploités à l'ensemble des échelons
Le paradoxe français se manifeste à travers les statistiques relatives à la demande d'aides publiques. Au niveau européen, seules 27 % des PME ont soumis une demande de financement, et seulement 17 % ont bénéficié d'un soutien dans le cadre des programmes Horizon Europe ou Digital Europe. Ces taux demeurent particulièrement bas eu égard aux enjeux en présence.
La situation demeure tout aussi préoccupante au niveau national : 22 % des entreprises ont soumis leur candidature au programme IA Booster France 2030, avec un taux d'attribution de 18 %. Le concours i-Lab ne suscite l'intérêt que de 19 % des PME. Même au niveau régional, où 28 % des demandes d'aide ne donnent lieu qu'à 21 % d'attributions, des dispositifs tels que CAP'TN en Centre-Val de Loire, offrant un soutien pouvant atteindre 200 000 €, demeurent largement méconnus.
L'accompagnement constitue le maillon défaillant de la transformation numérique
L'examen des besoins formulés par les PME met en évidence que la problématique ne se restreint pas aux seuls financements. Près de la moitié (46 %) sollicitent un accès facilité à des conseils spécialisés, 40 % aspirent à un meilleur accès aux dispositifs de financement, et 38 % requièrent une simplification des procédures administratives.
Cette situation met en évidence un manque d'information et de soutien au sein de l'écosystème français. Les PME souffrent non seulement d'un déficit de financement, mais également d'un manque d'accompagnement méthodologique pour entreprendre la transformation numérique et s'orienter dans la complexité des dispositifs d'aide existants.
Un défi stratégique qui transcende le domaine technologique
« L'intelligence artificielle constitue une opportunité majeure pour les PME désireuses d'innover et de se confronter à la concurrence internationale. » Cependant, limitées par les coûts, l'accès aux financements français et européens demeure un facteur déterminant pour elles », souligne Christian Reinwald, responsable de la gestion des produits et du marketing chez reichelt elektronik.
L'expert souligne également les perspectives d'évolution en déclarant : « Si, à l'heure actuelle, la technologie ne constitue que 10 % du budget de l'Union européenne, l'accroissement des financements alloués à ce secteur dans les années à venir permettra d'accompagner les entreprises et les PME dans le renforcement de leur position sur la scène internationale ». Cette perspective atteste que l'intelligence artificielle représente dorénavant un enjeu stratégique requérant des décisions politiques et économiques déterminantes pour le futur industriel de l'Europe.

